Ce mercredi 20 janvier 2016, les Jeunes Socialistes de l’Isère se sont donnés rendez-vous pour un Film’Action sur le film documentaire « Inside Job » réalisé par Charles H. Ferguson et sorti en 2010. Le film porte sur les causes profondes et les conséquences de la crise des « subprimes » survenue aux États-Unis en 2008. En six étapes et au fil d’interviews des différents acteurs et observateurs de cette crise (économistes, hommes et femmes politiques, grands financiers, etc), il s’agit d’expliquer en détail ce qui a poussé le monde dans la situation économique que nous connaissons actuellement. L’idée était aussi de dénoncer le monde financier, totalement dérégulé depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui (sous les présidences de Ronald Reagan, Bill Clinton, Georges W. Bush et Barack Obama aux États-Unis) qui a donc le champ libre pour spéculer à l’infini avec l’argent des épargnants sans jamais avoir à rendre de comptes à qui que ce soit. Mais alors, comment en est-on arrivés là ?

            Le débat a ensuite porté sur de nouvelles alternatives, de nouvelles façons qui permettraient de repenser l’économie différemment en sortant de la logique du « tout libéral ». Comment faire pour que l’économie redevienne un domaine dans lequel les représentants du peuple ont un réel pouvoir de décision pour une gestion économique mondiale plus démocratique ? Les ouvrages Dans quel monde voulons-nous vivre ? de Pierre Rabhi, Joseph Stiglitz, Jacques Atali, Muhammad Yunus, Richard Branson, Edgar Morin, Saskia Sassen et Cynthia Fleury (2015) et Le modèle social européen à l’épreuve de la crise de Liêm Hoang Ngoc (2010), notamment, traitent de ces questions.

            Il est déjà intéressant que le Président américain (Obama) parle des lobbies des armes, de la finance, etc mais il est absolument nécessaire de faire plus que cela, d’agir concrètement. Faut-il changer la société pour changer les êtres humains ou l’inverse ? Comment peut-on parvenir à un objectif de finance plus régulée afin d’éviter la spéculation à trop gros risques ainsi que des injustices scandaleuses telles que celles des grands patron-e-s de la finance mondiale qui, après avoir gagné des milliards de dollars frauduleusement, quittent le circuit (temporairement parfois) avec une belle indemnité à la sortie ? Est-ce réellement cela le mythe du « self made man » à l’américaine ?

            Le débat sur l’euro et la monnaie unique est également relancé avec cette crise. Il existe bien sûr des contraintes dans les politiques monétaires des États membres de l’UE et le personnel politique n’a que peu de marge de manœuvre pour agir, notamment en France. En effet, le marché unique oblige l’UE dans son ensemble à s’accorder sur un même « tempo économique ». Cependant, cette Europe se situe encore beaucoup trop dans une optique libérale sans prendre en compte des considérations sociales, pourtant essentielles si elle veut conserver l’un de ses objectifs premiers : garantir un bien-être et une stabilité à chaque citoyen européen. L’Union Européenne politique passe aussi par une monnaie commune, il est donc nécessaire de questionner la pertinence de l’euro sans caricaturer les différentes positions qui pourraient être prises lors du débat public.

            Il est extrêmement regrettable de constater que le Parlement européen n’a actuellement aucun pouvoir d’action alors qu’il incarne l’institution la plus démocratique de l’UE. Cet échec laisse un goût amer quand on sait à quel point les lobbies financiers ont un énorme pouvoir d’influence, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis (chez les professeurs d’universités, chez les députés du Congrès, etc). Le monde de la finance semble corrompre et infiltrer toute l’institution politique, censée agir pour réguler cette même finance.

            Le discours majoritaire ambiant, aussi bien chez les politiques que dans les médias, est celui du libéralisme sans frein. Aucune autre alternative n’est proposée aux heures de grande écoute pour un public qui attend bien souvent autre chose qu’un système qui enrichit une poignée de gens malhonnêtes mais chanceux et qui en exclut le plus grand nombre. L’économie n’est pas une science dure, dans le sens où il n’y a pas qu’une seule manière de la concevoir et les pensées alternatives, bien qu’éclipsées par les libéraux, se déclinent sous de nombreuses formes. Par exemple, le « youtuber » Usulmaster pose des débats intéressants dans ses vidéos avec une autre vision de société (le salaire à vie est un thème qu’il a notamment abordé). Les conférences gesticulées aussi permettent d’avoir une autre vision.

            Les médias nous vendent une sorte de « flou artistique » en prétendant que les retraités, les chômeurs, les foyers précaires, etc coûtent trop cher à la société. Cependant, des initiatives ont déjà lieu pour donner à voir autre chose que cela. Des phases de débats ont été mises en place dans certains quartiers dans lesquels il est possible d’évaluer certains critères, davantage sociaux (l’indice de pauvreté, du décrochage scolaire, d’artificialisation des sols, etc). La proposition de loi « Sas » d’octobre 2014 (proposée par la députée écologiste, Eva Sas, entre autres) est une loi de finance permettant la prise en compte de nouveaux indicateurs de richesse dans la définition des politiques publiques. Au MJS, nous sommes convaincus qu’il est possible d’offrir une autre vision de société qui permettent à chacun-e de s’épanouir pleinement tout en lui assurant un niveau de vie correct, le tout dans un monde plus juste et plus cohérent humainement.

Roxane

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