Ce jeudi 19 novembre 2015, les Jeunes Socialistes de l’Isère avaient rendez-vous avec Michel Destot, député de la 3e circonscription de l’Isère. Nous devions parler immigration et droit d’asile mais suite aux attentats de Paris, nous avons choisi d’aborder ces tragiques événements. Nous avons ainsi pu partager notre émotion tous ensemble. Chacun avait le sentiment d’avoir vécu un moment fort. Tout le monde se sent concerné : nous sommes jeunes, aimons sortir entre amis et écouter de la musique, profiter de la vie en somme.

Mais le choc laisse place à l’unité. La question de « l’après attentats » se pose bien évidemment pour chacun de nous, comme pour toute la société française. Il s’annonce très difficile. Plus concrètement, il s’agit de savoir comment en parler aux enfants lorsqu’on est enseignant, par exemple. Quel discours doit-on tenir en tant que militant de gauche pour qui le discours sécuritaire n’est pas « naturel » ? Comment la France va t-elle combattre le terrorisme ? Il est intéressant de se poser la question quand on sait que certains États, comme le Mexique, par exemple, ont pu combattre cette violence par une autre violence.

Les rassemblements spontanés et massifs dans Grenoble tranchent avec « l’après Charlie ». En janvier, les connotations négatives et la retenue étaient davantage de mise. Il y a également quelque chose de glaçant lorsque certains « classifient » la valeur des morts (policier, journalistes, etc). Ici, la peur en France devient globale. Il est toujours possible de faire des reproches sur l’état de la sécurité avant ces attaques, de se demander si tout a vraiment été fait, de ressentir le besoin de chercher un coupable. Mais on prend bien conscience, tous, que Daesh est bien une organisation de véritables barbares. C’est en cela que les hommages sont unanimes.

Ces attaques à Paris ont tout changé stratégiquement et militairement parlant. Après l’effroi et l’angoisse, le plus important est de comprendre les tenants et les aboutissants de cette barbarie pour mieux en venir à bout. Mais c’est une tâche complexe. Nous avons abordé aussi l’importance de faire corps autour de nos valeurs, valeurs qui sont universelles comme a pu le rappeler Obama quelques heures après les attaques parisiennes. Avec 14 ans d’intervalles, deux organisations terroristes frappent deux grandes villes multiculturelles, symboles d’ouverture au monde. Le progrès de l’humanité se trouve dans les villes (Athènes, Rome, Istanbul, New-York, etc) plus que dans les États en eux mêmes. C’est pourquoi les États-nations ne doivent pas se laisser aller à un repli identitaire. La France doit être capable de « parler au monde » via ces valeurs universelles. La France est bel et bien incluse dans le monde et l’ouverture internationale n’est pas une option : c’est clairement une nécessité.

Pourra t-on un jour réfléchir de manière universelle et censée sur de nombreux enjeux mondiaux et nationaux comme l’accueil des migrants, les sanctions envers le monde de la finance, la COP 21 ? Il est absolument nécessaire de porter une vision à long terme, et non plus une vision médiatique à court terme.

La solution aujourd’hui est de croire plus que jamais en l’Europe, en l’ONU, en toutes ces organisations internationales qui permettent aux États de travailler main dans la main contre les extrêmes de tous bords (le Front National en France, Daesh, etc). A notre échelle, voyager et s’ouvrir au monde est essentiel pour prendre conscience que nous sommes tous différents et en même temps très semblables. C’est pourquoi le projet du MJS est attaché à des valeurs humanistes et universelles dans une optique de tolérance et de refus des discours bien trop simplistes, qui ne provoquent que clivages et incompréhension.

Nous sommes actuellement dans une époque charnière, tout change très vite et on le voit au quotidien. Des récits sont à réinventer. La pensée, le vocabulaire sont à repréciser, notamment quand Nicolas Sarkozy compare les migrants en France à une « fuite d’eau ». La gauche est capable d’être claire et humaniste sur ces questions et de répondre à cela sur le terrain des idées. La gauche doit affronter les grands enjeux mondiaux avec un regard global et cohérent. La sécurité intérieure de notre pays n’est pas la solution miracle comme le repli des Français n’est pas la solution mondiale au terrorisme.

Un lien fort est à faire entre réflexions et actions. Il nous faut apporter des réponses plurielles à la lutte contre le FN. Une « bataille culturelle » est à mener pour retrouver les valeurs de la gauche, plus nécessaires que jamais. Les solutions viendront avec l’acceptation et la compréhension par tous de la mondialisation. Le territoire français reste à moderniser dans cette optique.

Pour beaucoup de jeunes aujourd’hui, faire de la politique, c’est surréaliste. Au MJS, nous pensons qu’il est crucial d’apporter les réponses à ces jeunes et de les faire revenir au cœur du débat politique car rien ne se fera sans eux. Pour reprendre une citation de Jean Cocteau:

« Il faut passer d’un regard qui dévisage à un regard qui envisage »

Roxane

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