Les Jeunes socialistes de l’Isère se sont réunis mercredi soir dernier pour débattre de l’Éducation aujourd’hui en France, notamment par rapport à l’actuelle réforme du collège, menée par le gouvernement et la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Il était notamment question de parler de cette réforme majeure qui fait l’actualité parce que lourdement critiquée par la droite et l’extrême-droite, parfois même au sein de la gauche, mais aussi, cette réforme fait l’objet d’une grosse campagne de désinformation. Nous voulions revenir dessus.

Nous avons d’abord travaillé par petits groupes autour de quelques questions centrales :

  • depuis que François Hollande est au pouvoir, qu’est-ce qui a été fait en matière d’Éducation ?

  • qu’est-ce qu’on entend sur la réforme du collège ? (de vrais ou de faux)

  • qu’est-ce qui reste encore à travailler sur l’Éducation et que nous, les jeunes socialistes, pourrions porter ?

Ainsi, depuis 2012, la gauche a entamé une véritable refondation de l’École. C’est d’ailleurs le titre de sa première réforme qui contenait notamment la réforme des rythmes scolaires dans le primaire, la LV1 au CP, des mesures contre le harcèlement à l’Ecole, etc. Il y a bien sûr aussi la création de 60 000 postes, le remplacement des ZEP (Zones d’Education Prioritaire) par les REP (Réseaux d’Education Prioritaire), avec des modifications de la carte des quartiers prioritaires en partenariat avec le Ministère de la Ville ou encore la réintégration de la formation des professeurs.

En ce qui concerne la réforme du collège en cours. On le disait, il y a beaucoup de désinformation à ce sujet. On entend très facilement des phrases comme :

– Vous supprimez le latin et le grec !

– Marine Le Pen : « C’est 486h de perdues sur les savoirs fondamentaux sur l’ensemble du collège »

– Vous enlevez le Christianisme et le Roman national et vous mettez l’Islam en histoire

– Il va y avoir un nivellement par le bas du niveau des élèves !

FAUX FAUX FAUX

Pour les heures perdues de Marine Le Pen, comme l’explique très bien une petite vidéo d’Arte Désintox, il va y avoir une « perte » de 180h sur l’ensemble des 4 années scolaires, soit seulement 1h30 par semaine, qui sera utilisée bien différemment.

En ce qui concerne le latin et le grec, la question a fait débat au sein du MJS Isère. Aujourd’hui, ce sont seulement 15-18% des élèves qui pratiquent le latin au collège (encore moins au lycée). Un chiffre dérisoire. Les opposants à sa suppression en tant qu’enseignement optionnel nous disent que ce sont des savoirs essentiels et de culture générale indispensables à tou-te-s. Dans ce cas, pourquoi permettre/laisser un si petit nombre d’élèves y accéder ?

La réforme propose autre chose. Le latin et le grec, en tant que savoir civilisationnel et linguistique, sera intégré dans les cours de français et d’histoire. Les bases du latin et du grec importantes à la connaissance du français seront enseignées à tou-te-s au sein de la matière français. Tout le monde saura que agriculture vient de ager, que religion vient de relegere et de religare ou encore que la guerre se disait bellum et a donné belligérant. Et pas seulement un petit nombre de gens érudit-e-s appartenant à une élite.

De plus, avec la création de modules interdisciplinaires (au nombre de 8 possibles), les élèves pourront choisir celui qui enseignera des connaissances en latin, grec ou langues régionales. Tout comme ils pourront choisir celui « Corps, santé, sécurité » ou encore celui « Sciences et sociétés » regroupant histoire, physique et mathématiques.

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Nivellement par le bas, vous disiez ? Non plus. La réforme part du constat que chaque année, ce sont 150 000 jeunes qui sortent du collège sans avoir le brevet en poche. Aujourd’hui, le système fonctionne pour les bons et très bons élèves. Pour remédier au décrochage scolaire, l’accompagnement individuel est favorisé (3h par semaine en 6e, 1h pour les autres années) et 4 000 postes supplémentaires sont créés.

En ce qui concerne les classes bilangues et les classes européennes supprimées. A nouveau, ces classes ne concernaient qu’un nombre trop peu élevé d’élèves et faisaient l’objet de stratégies d’évittement de la part des familles pour que leurs enfants soient dans les meilleures classes. Avec leur suppression, mais la mise en place d’une LV2 obligatoire dès la 5e, ce seront tou-te-s les élèves qui pourront bénéficier d’un véritable enseignement des langues. On râle sans arrêt que les français-e-s sont nul-le-s en langue non ?? Et bien, changeons la donne ! En bref, la réforme du Collège c’est vraiment plus d’Égalité dans l’Éducation.

11219669_10153344096144875_6948810205956896730_nMais sinon, on s’arrête là ? Non, toujours pas. Nous avons envisagé plusieurs pistes, notamment la question de la suppression de la notation au primaire et au collège, en remarquant qu’on a tou-te-s été traumatisé-e-s une fois ou une autre par la logique de notation et de compétition dès l’école primaire. Avec la suppression de la notation, il n’y a plus de compétition entre les enfants, mais une réelle évaluation des acquis, on centre le regard de l’enfant sur sa propre progression. Les notes sont de prime abord, un besoin des parents. On a évoqué aussi le concept de constante macabre de Franck Lepage, qui explique une constante de la notation dans une classe entre 1/3 de très bons élèves, 1/3 d’élèves moyens et 1/3 d’élèves mauvais.

On a aussi évoqué les questions de la revalorisation des professeurs tant salariale que sur le métier en lui-même, l’orientation, qui doit se centrer sur les désirs de l’élève, de la revalorisation des filières professionnelles, techniques et technologiques ainsi que des professions/débouchés qui en découlent.

Bref, plein de pistes de travail pour l’avenir !

Clémentine

 

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