Le 25 mai se tiendront les élections européennes lors desquelles 340 millions d’électeurs répartis dans 28 pays seront appelés à renouveler le Parlement européen. A l’approche de cette échéance, nous, jeunes socialistes, souhaitons relancer une mobilisation active des jeunes citoyens et leur redonner le goût et le sens du débat autour de cafés que nous organisons chaque semaine à Grenoble, pour discuter des grandes questions européennes. Ce mercredi 7 mai, nous avons choisi le thème de l’éducation, de la formation et de la recherche dans une approche européenne.

Seul le programme Erasmus fait aujourd’hui la place à la coopération politique en termes d’éducation. Or, comme nous pensons qu’une jeunesse bien formée est la plus à même d’impulser le changement dont l’Europe a besoin et de résoudre les problèmes d’emploi, la question à laquelle il nous fallait répondre était : comment créer une politique éducative au niveau européen ?

Le premier grand chantier, le plus urgent aussi, concerne l’emploi des jeunes. Ce sont, avec les seniors proches de la retraite, les plus affectés par la précarité, dont on peut espérer qu’elle se résorbe par le renforcement de la garantie jeunesse. « La mise en place de la « garantie jeunesse » est une première réponse aux 5 millions de jeunes européens au chômage (soit un taux de 23,5 %). Plus de 6 milliards d’euros ont été débloqués pour que tous les jeunes jusqu’à 25 ans se voient proposer une offre de qualité : soit un emploi, un complément de formation, un contrat d’apprentissage ou un stage, et ce dans les quatre mois qui suivent leur sortie du système éducatif ou la perte de leur emploi. Et cette somme sera triplée ». (Programme du PSE)  Mais les lesdits stages ne doivent pas se dérouler dans n’importe quelles conditions : en d’autres termes, ils ne doivent pas consister en des emplois précaires renouvelés et renouvelables. L’encadrement des stages est donc une priorité du PSE qui, par-delà l’encadrement cherchera à « revoir le cadrage européen des diplômes (contenus, intitulés, encadrement, volume horaire) avec la mise en place d’un véritable service public européen de l’enseignement supérieur ».

Quant à l’éducation plus spécifiquement, il nous semble que l’apprentissage des langues est une condition nécessaire, bien que non suffisante à l’émergence d’une appartenance communautaire européenne, qui fait toujours défaut. Cette conscience européenne pourrait à la fois passer par une éducation à la citoyenneté européenne complétée d’une JAPD commune à tous les pays membres ; et passer par l’amélioration de la mobilité des étudiants. Le programme du PSE souhaite que soit mis en place « un fonds européen d’aide à la mobilité étudiante en complément d’Erasmus et enfin, que le programme Erasmus bénéficie vraiment à toute la jeunesse, en formation générale ou professionnelle ».

Les interconnexions entre les universités, les étudiants, et les chercheurs devraient accélérer encore davantage les grands projets de recherche et la mutualisation des connaissances.

Nous tenons en outre à ce que soit défendu le principe des bourses face à la recrudescence des systèmes de prêts bancaires étudiants, dont la logique solidaire passe loin derrière la logique individuelle voire individualiste. Nous pensons qu’il faut créer un seuil de frais d’inscription à l’université, à défaut de pouvoir converger vers une harmonisation consensuelle qui désavantagerait le modèle le plus favorable aux étudiants (désavantage pour les étudiants français en cas de moyenne avec les frais d’inscription britanniques).

L’Ecole doit devenir un moyen d’émancipation, un véritable lieu de vie qui crée les citoyens de demain. Et pour que ces citoyens se sentent européens, il est souhaitable que les cours dispensés fassent une plus belle place aux programmes ayant une portée européenne. En ce sens, nous pourrions faire converger les programmes d’Histoire et enseigner davantage celle de l’Europe et de l’UE plutôt que celle des nations. Il est souhaitable de surcroît que les diplômes trouvent plus encore d’équivalents dans l’ensemble des Etats membres. Le système LMD a été mis en place en 2002 dans cette perspective, avec pour but l’unification de l’enseignement supérieur européen et la possibilité de faciliter les équivalences entre les pays afin de favoriser les déplacements des étudiants au sein de l’Europe. Pour faire un pas supplémentaire, nous pourrions proposer à terme l’instauration d’un « baccalauréat européen ».

Par ailleurs, l’Ecole publique et laïque doit être défendue. Si nous souhaiterions la suppression de l’école privée, nous sommes d’accord pour dire que celle-ci n’est pas d’actualité, pour de multiples raisons dont le regrettable conservatisme français en la matière.  En revanche, il nous paraît à tout le moins surprenant, pour ne pas dire assez honteux, que le législateur ait accepté la Loi Carle qui dispose que les municipalités sont tenues de financer des écoles privées d’autres communes, si leurs résidents ont choisi d’y scolariser leurs enfants. Pour dire vrai, le financement de l’Ecole privée par la puissance publique ne nous semble pas admissible.

Enfin, si nous étions parfaitement d’accord pour revaloriser très fortement les filières professionnelles et d’apprentissage, en revanche, sur deux questions que sont, d’une part les façons d’orienter les jeunes et d’autre part la préservation des concours aux Grandes Ecoles, il nous faudra débattre par ailleurs, car les avis divergeaient ; preuve de la vitalité des débats lors des cafés organisés par le MJS Isère.

Simon M.

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