Une place pour l’immigration, une lutte contre l’extrême droite

Le 25 mai se tiendront les élections européennes lors desquelles 340 millions d’électeurs répartis dans 28 pays seront appelés à renouveler le Parlement européen. A l’approche de cette échéance, nous, jeunes socialistes, souhaitons relancer une mobilisation active des jeunes citoyens et leur redonner le goût et le sens du débat autour de cafés que nous organisons chaque jeudi à Grenoble, pour discuter des grandes questions européennes. Ce 1er mai, date symbolique pour la gauche mais aussi marquée par le rassemblement du Front National, où Marine Le Pen a officiellement lancé sa campagne pour les européennes, a été l’occasion pour nous de débattre des populismes qui jettent l’opprobre sur l’immigration.

Les populismes montent partout en Europe sur fond de chômage de masse et de rémanence des valeurs conservatrices. Les partis d’extrême droite se sont pour la première fois rencontrés pour élaborer des stratégies communes autour de leur cheval de bataille commun : la destruction de l’Union Européenne, et surtout la lutte contre l’immigration « extra-communautaire ». Face aux peurs des citoyens européens, l’extrême droite vise l’immigré qui viendrait profiter des aides étatiques,  sans chercher à travailler ou à s’intégrer aux « valeurs » nationales.

Nous pensons que la gauche européenne doit porter une politique ambitieuse et volontariste en matière d’immigration, pour contrer le repli sur soi et le conservatisme.

Porter haut un nouveau discours sur l’immigration

Lutter contre l’instrumentalisation des peurs, c’est lutter contre les idées reçues et l’ignorance. Oui, l’Europe vieillissante a besoin de l’immigration pour redynamiser sa démographie et sauver son système de protection sociale par l’activité économique. L’immigration n’est pas un coût mais représente un apport de 7,8 milliards de bénéfices à la France ; et seuls les immigrés légaux qui cotisent en France bénéficient des services de l’Etat.

Une gestion des flux migratoires plus humaine et plus efficace

Nous prônons une nouvelle orientation de la politique européenne de l’immigration basée sur le respect des droits fondamentaux des migrants : libre circulation et respect de la dignité humaine.

La gauche doit plaider pour un renforcement du pouvoir de contrôle du Parlement européen en matière d’immigration. La Commission européenne et les Etats membres, ont montré leur impuissance face aux drames répétés des migrants africains tentant d’atteindre les côtes italiennes de l’île de Lampedusa ou les enclaves de Ceuta et Melilla entre le  Maroc et l’Espagne. Depuis 2000, 23 000 personnes ont perdu la vie durant leur tentative d’atteindre l’UE. Aujourd’hui, l’agence européenne FRONTEX chargée de la gestion des flux d’immigrés aux frontières européennes bafoue les droits de l’homme en intervenant dans les eaux internationales pour rediriger les immigrés vers l’Afrique.

Renforcer les politiques de coopération avec les pays d’émigration

L’Europe doit renforcer ses liens de partenariat avec les pays concernés par l’émigration massive de sa population, pour limiter autant que possible l’immigration forcée qui conduit à l’illégalité. Les partenariats doivent avoir lieu à plusieurs niveaux, en facilitant l’obtention d’un permis de séjour. Il nous semble important, de surcroît, de limiter le tri des nouveaux arrivants par le brain-drain, eu égard à l’injustice que cela représente. Par ailleurs, l’action pour la paix et la réflexion sur les changements climatiques peuvent faire en sorte que les désirs d’émigration vers l’Europe, conditionnés par les structures politiques, sociales et environnementales, soient davantage réduits ; ce qui pourrait améliorer de concert le développement du pays concerné.

Une politique d’intégration

Il faut favoriser la rencontre et l’échange au sein d’un modèle républicain. La gauche européenne doit continuer de porter le projet de  mixité sociale dans l’urbanisme ; de lutter contre la marginalisation, par un droit à l’éducation, par l’interdiction d’expulsion de jeunes en formation.

L’arrivée dans l’Union Européenne passe par une simplification des démarches administratives. Car, bien plus que les aides sociales, ce sont les gestions administratives et judiciaires  qui représentent un coût.

L’accueil des populations Roms doit également faire l’objet d’une politique coordonnée entre les Etats-membres, pour leur donner des conditions de résidence respectueuses de la dignité humaine. L’Europe pourrait par exemple offrir un financement aux collectivités territoriales qui accueillent les populations sur des terrains décents et non le long d’autoroutes. La liste des métiers que les Roms sont autorisés à exercer doit être élargie, leur garantissant des perspectives d’avenir.

Par des choix volontaires, l’Union Européenne peut progresser en matière d’immigration.

 

Flora P.

 

 

 

 

 

 

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