Le 25 mai se tiendront les élections européennes lors desquelles 340 millions d’électeurs répartis dans 28 pays seront appelés à renouveler le Parlement européen. A l’approche de cette échéance, nous, jeunes socialistes, souhaitons relancer une mobilisation active des jeunes citoyens et leur redonner le goût et le sens du débat autour de cafés que nous organisons chaque jeudi à Grenoble, pour discuter des grandes questions européennes. Ce jeudi 24 avril : « Comment l’Europe peut-elle sortir de la crise en évitant l’austérité ? »

Aujourd’hui, chaque Etat de l’UE possède son propre modèle économique et social. Le besoin d’aller vers un modèle plus unifié s’impose pour deux séries de raisons : il permettra d’éliminer la concurrence destructrice entre les modèles nationaux et contribuera à réduire l’hétérogénéité des économies nationales. Dans la mesure où l’Europe met les Etats en situation de concurrence en promouvant la compétitivité et la réduction des coûts, chaque Etat, progressivement, dégrade les conditions économiques et sociales de ses concitoyens par des dumpings fiscal et social ; lesquels alimentent la défiance envers la construction européenne. Pour changer la donne, il nous semble donc impératif de passer dorénavant de la concurrence débridée à plus de solidarité et de responsabilité collective en favorisant la convergence vers le haut des modèles économiques et sociaux des Etats membres.

Pour commencer, nous pensons que la politique publique européenne doit désormais se construire sur les principes d’une relance keynésienne. Rappelons à cet égard que la dépense publique dynamise la consommation des agents privés et partant, la croissance, sur plusieurs cycles de production-consommation. La dépense publique crée a fortiori des richesses supplémentaires lorsqu’elle soutient des investissements et des politiques de grands travaux, comme on peut aisément les imaginer dans la recherche et le numérique. Dans cette perspective l’orthodoxie budgétaire des 3% de déficit, gageure s’il en est, est contre- productive. Nous pensons qu’il est nécessaire d’assouplir le pacte de stabilité européen car  « la réduction des déficits publics est certes un objectif mais elle ne peut constituer un horizon politique à elle seule, surtout lorsqu’elle se fait au détriment d’investissements structurants sans lesquels il est illusoire d’espérer combattre le chômage, retrouver une croissance durable et engager un nouveau modèle de développement. La généralisation des politiques d’austérité à des économies entrées en récession dans des pays dont l’économie est déjà en récession, combinée à des « réformes structurelles », réduit le pouvoir d’achat des salariés et nourrit un cercle vicieux dépressif : les plans d’austérité aggravent partout la récession et l’endettement qui appellent encore et toujours des plans d’austérité ». (Programme du PSE). Mais cette volonté de relance passe avant tout par l’augmentation sensible du budget européen car tant qu’il ne représentera qu’à peine 1% de la richesse produite en Europe, il ne sera pas suffisant pour tenir les promesses de solidarité et de prospérité.

Un autre point que nous avons abordé fut la lutte contre les dérives spéculatives. Cela implique, d’une part, la mise en place rapide de la taxe sur les transactions financières ; d’autre part, le renforcement de l’union bancaire qui doit consolider la zone euro puisqu’elle permet de surveiller les banques et les oblige à approvisionner un Fonds de résolution qui, en cas de faillite, pourra les recapitaliser. « Elle permettra de rompre enfin le cercle vicieux entre crises bancaires et endettement des Etats, de relancer l’accès au crédit pour les entreprises et surtout de protéger les contribuables, qui n’auront dès lors plus à payer pour les erreurs des banques », en supprimant de fait, l’aléa moral. Enfin, la lutte contre les paradis fiscaux doit être le troisième niveau de la maîtrise de la finance. A ce titre, nous voulons l’établissement d’une liste noire exhaustive des paradis fiscaux, de sanctions lourdes comme la révocation des licences bancaires des établissements présents dans les paradis fiscaux et l’interdiction d’accès aux marchés publics européens.

Quant aux politiques macroéconomiques, nous pensons que le rôle de la BCE doit être révisé, afin qu’elle prête directement aux Etats en difficulté à des taux très inférieurs à ceux existants ; elle doit désormais s’acquitter pleinement de son rôle de prêteur en dernier ressort. Par ailleurs, il nous semble important que les dettes souveraines soient mutualisées et que la BCE infléchisse sa politique anti inflation vers une politique anti-déflation. La BCE devrait dans cette voie mener une politique monétaire accommodante (création monétaire) pour trois raisons : la première étant d’éviter les risques de déflation, qui ruinent tous les espoirs de croissance puisque les agents économiques attendent la baisse des prix pour consommer de nouveau ; la deuxième étant la monétisation des déficits et des dettes publiques afin de réduire leur ratio par rapport au PIB ; et la troisième étant la baisse du cours de l’euro pour relancer les exportations.

Au niveau social, la création d’une allocation d’autonomie permettrait aux jeunes européens de ne plus dépendre des conditions de revenu de leurs parents, et ainsi de freiner « la reproduction sociale ». En outre, l’instauration d’un salaire minimum en Europe à au moins 60% du salaire médian de chaque pays limiterait le dumping social et accroitrait la justice sociale.

Enfin, si nous voulons relancer l’économie et respecter notre modèle social et culturel européen, il nous faut être sans concession avec le Traité transatlantique qui remet en question le Juste échange, l’équilibre et le respect des normes techniques, sanitaires mais aussi environnementales et sociales, que nous avons construites.

En définitive, nous défendons le projet de « traité social européen » voulu par PSE, « qui aura pour ambition d’assigner aux politiques européennes les objectifs d’intérêt général que sont l’amélioration des conditions de vie et de travail, la qualité des emplois, la lutte contre les discriminations à l’embauche et dans les rémunérations, le dialogue social, le développement durable ». Nous défendons le mieux-disant social, les droits fondamentaux, le niveau de protection sociale, le droit syndical et l’instauration du principe de la clause la plus favorable. Nos objectifs doivent être la lutte contre le chômage et les inégalités, le retour vers une croissance durable et vers un continent où il fait bon vivre et travailler.

 

Simon M.

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