Le 25 mai se tiendront les élections européennes lors desquelles 340 millions d’électeurs répartis dans 28 pays seront appelés à renouveler le Parlement européen. A l’approche de cette échéance, nous, jeunes socialistes, souhaitons relancer une mobilisation active des jeunes citoyens et leur redonner le goût et le sens du débat autour de cafés que nous organisons chaque jeudi à Grenoble, pour discuter des grandes questions européennes. Ce jeudi 17 avril : « L’Europe peut-elle devenir le premier continent écologique ? »

 Certes, l’Europe est déjà à la pointe de la transition énergétique par contraste avec les autres grandes zones continentales puisqu’elle consacre son second poste budgétaire – 14%- à l’environnement. Mais l’Union doit aller plus loin encore pour changer son modèle de croissance productiviste, pollueur et inégalitaire afin de s’affirmer comme « le premier éco-continent de la planète ».

Nos échanges ce jeudi ont couvert un large éventail de propositions dont la plupart se trouvent dans le programme du Parti Socialiste Européen. Il est en effet ressorti de ce débat que l’avenir reposait sur la promotion d’un autre modèle de développement.

Ainsi, nous pensons que cela passe par une planification efficace des transports publics européens afin de couvrir l’ensemble des territoires dans un souci d’équité et de préservation de l’environnement ; dont ne se prévalent pas à ce jour les grandes compagnies de transport privées. L’objectif d’organisation est également tangible dans notre volonté que les bassins de population soient autosuffisants. Les innovations, qui visent à stocker l’énergie intermittente, vont tout à fait dans ce sens. De surcroît, les grands projets européens d’investissements dans les énergies renouvelables et la création de grands pôles publics de l’énergie, devraient constituer un formidable vivier d’innovations et d’emplois. Car le grand objectif de l’UE doit être clair ; il est défini dans le « paquet climat 20×4 : faire passer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à 20%, réduire les émissions de CO2 de 20% et accroître l’efficacité énergétique de 20%, et tout cela d’ici 2020 ».

 Nous avons également imaginé que le concept d’écologie contraignante puisse être dédiabolisé pour accélérer le changement, lequel passerait alors par « la mise en place d’objectifs chiffrés et ambitieux de lutte contre le changement climatique ». Pour cela, il nous paraît évident de défendre l’idée d’une taxe carbone aux frontières de l’Union Européenne et, partant, de nous opposer à la signature du Traité Transatlantique. Il est primordial par ailleurs que l’UE acquière un poids suffisamment important pour peser dans les négociations internationales en matière d’accords environnementaux.

Un autre point qui a été débattu fut le rôle des lobbies économiques, dont nous pensons que l’influence néfaste devrait pouvoir être infléchie à mesure que se renforcera la démocratie européenne et le rôle du Parlement Européen. Les changements institutionnels en cours, marqués par le renforcement du rôle des parlementaires élus vont donc dans le bon sens.

Quant aux missions de la PAC, elles nous ont posé question, car si elles sont gages de la coopération de l’Union, elles portent malheureusement leurs propres inégalités puisque les subventions profitent plus aux gros producteurs qu’aux petits paysans et qu’à l’agriculture raisonnée, locale et biologique. Dans le même esprit, les quotas d’émissions de gaz à effets de serre nous sont apparus inéquitables dans la mesure où seules les entreprises les plus florissantes peuvent se « permettre de polluer » en achetant ces droits en question, sur un marché du carbone à l’efficacité douteuse.

De plus, il semble évident que la lutte contre l’obsolescence programmée et pour la deuxième vie des produits doit être menée. Comme la transition écologique de l’industrie repose en grande partie sur la généralisation de l’écoconception des produits, si les produits sont conçus dès le départ dans une optique de seconde vie, les filières de recyclage, qui sont génératrices d’emplois pérennes et non délocalisables pourront se développer et l’environnement sera préservé.

 Enfin, la formation et la sensibilisation ne doivent pas être oubliées dès l’école maternelle et ce, jusqu’à la fin du parcours universitaire.

Nous avons conclu que cette Europe écologique ne pourrait se réaliser qu’au sein d’une Europe fiscale et sociale. Fiscale pour harmoniser les taxations au sein et aux frontières de l’UE sur les produits qui ne respectent par les normes écologiques. Sociale, pour une meilleure redistribution des richesses qui permette à chacun de se loger et de consommer des produits de qualités et respectueux de l’environnement.

Le modèle capitaliste productiviste, et les dérives néo-libérales du tout-marché ont montré leur limite en Europe. Il est urgent que notre continent s’engage sur la voie de l’ECO-SOCIALISME, pour un nouveau modèle de développement plus sobre, respectueux de la qualité de vie et de l’environnement. Penser qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible, voilà la véritable utopie.

 

Flora P. et Simon M.

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